Je simplifie l'histoire, mais je crois que malgré tout, elle vaut son pesant d'or...
Comme préambule disons juste que j'aurais voulu profiter d'être à Sarajevo pour y passer quelques jours de plus, mais que pour sauver les relations diplomatiques avec mon organisation, j'ai préféré rentrer le 19 décembre.
Mon bus part à 14h et celui de Yann à 15h, d'une gare routière loin du centre. Je ne sais pas vraiment pourquoi, Samir (une des personnes qui a organisé le training), veut absolument nous accompagner ; mais il a tellement de choses à faire avant qu'on prend le taxi à 13h40 et qu'on arrive pile à l'heure de mon départ supposé. Là Samir, qui parle courament bosniaque, me dit d'aller vite acheter mon billet, à moi qui me débrouille tout juste. Je cours au premier guichet : "vas voir ma collègue". Je me déplace vers la droite, derrière deux personnes qui attendent. Quand c'est finalement mon tour la-dite collègue me dit : "je n'ai plus de ticket, tu dois en acheter un directement dans le bus". A supposer qu'il soit encore là! Oh que oui, il est toujours là, et les gens continue de monter : il est plein à rabord! Il faut pourtant que je monte moi aussi, me dit Samir. Comme j'achète mon ticket directement dans le bus, je n'ai pas de place assise et reste debout dans le couloir. Il fait très chaud. Un couple assez âgé me propose gentiment de m'assoir à leur place quand ils entendent que je vais jusqu'à Podgorica (6h de voyage). Bien sûr, je refuse. Je m'appuie contre un siège et allume mon walkman. Le bus démarre. Les routes ne sont pas très bonnes, et d'être de côté par rapport à la trajectoire, de ne pas pouvoir voir au loin, et d'avoir si chaud... me donnent rapidement envie de vomir. J'essaie de ne pas y penser. Au bout de trois-quarts d'heure, je décide de m'assoir par terre. ça ne fait pas trois secondes que je suis posée que le monsieur du "couple assez âgé" déjà mentionné se lève et m'invite à m'assoir. J'essaie de refuser mais il ne veut rien entendre. Sa femme me dit qu'ils vont descendre au premier arrêt, qui n'est plus si loin. J'ai quand-même honte. Au bout de 20 minutes, je me lève pour échanger de nouveau mais leur arrêt est tout proche, "ça ne sert à rien". Ils descendent en effet cinq minutes plus tard. Je m'installe contre la vitre. Bientôt, quelqu'un vient s'assoir à côté de moi. Jusque là, rien que de normal, dans ce bus bondé je ne m'attends pas à avoir deux places pour mon confort. Le problème, c'est que ce quelqu'un, une fois assis, occupe une place et demi. Je me retrouve coincée contre la fenêtre. C'est toujours mieux qu'avant, et je passe le reste du voyage heureuse d'être assise. Mais quelques deux heures avant d'arriver, j'envoie un texto à Irene pour annoncer que je serai là ce soir, et que je n'ai pas ma clé. La réponse m'achève :
- Je suis dans ta chambre, parce que le copain de Jelena est là.
(Irene dort maintenant dans la chambre de Jelena, et je suis restée dans la même chambre? avec notre nouvelle collocataire française [plus si nouvelle que ça maintenant], Emilie)
Je craque. Je rentre alors que j'aurais voulu rester, et que j'avais même un appart qu'on me prêtait à Sarajevo. Je passe 1h debout dans le bus avec mon mal de coeur, puis 5h coincée contre la fenêtre, et je n'ai même pas mon lit pour dormir? Je me sens triste. J'ai l'impression que plus je fais d'efforts, plus ça va mal. Je réponds :
- Et quand je rentrerai, tu seras encore dans ma chambre?
- Oui, je n'ai pas d'autre endroit où dormir.
- Et moi alors?
Si jamais elle me répond "tu peux dormir dans le salon", je la tue.
(J'ai déjà dormi une semaine dans le salon au début du mois, quand Emilie recevait son copain. Rien que de normal, mais s'il-vous-plait, pas ce soir!)
- Beh, dans ton lit! Eh! Tu as oublié qu'Emilie n'était pas là?
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