Dimanche 23 décembre 2007 7 23 12 2007 12:02

Je simplifie l'histoire, mais je crois que malgré tout, elle vaut son pesant d'or...

Comme préambule disons juste que j'aurais voulu profiter d'être à Sarajevo pour y passer quelques jours de plus, mais que pour sauver les relations diplomatiques avec mon organisation, j'ai préféré rentrer le 19 décembre.

Mon bus part à 14h et celui de Yann à 15h, d'une gare routière loin du centre. Je ne sais pas vraiment pourquoi, Samir (une des personnes qui a organisé le training), veut absolument nous accompagner ; mais il a tellement de choses à faire avant qu'on prend le taxi à 13h40 et qu'on arrive pile à l'heure de mon départ supposé. Là Samir, qui parle courament bosniaque, me dit d'aller vite acheter mon billet, à moi qui me débrouille tout juste. Je cours au premier guichet : "vas voir ma collègue". Je me déplace vers la droite, derrière deux personnes qui attendent. Quand c'est finalement mon tour la-dite collègue me dit : "je n'ai plus de ticket, tu dois en acheter un directement dans le bus". A supposer qu'il soit encore là! Oh que oui, il est toujours là, et les gens continue de monter : il est plein à rabord! Il faut pourtant que je monte moi aussi, me dit Samir. Comme j'achète mon ticket directement dans le bus, je n'ai pas de place assise et reste debout dans le couloir. Il fait très chaud. Un couple assez âgé me propose gentiment de m'assoir à leur place quand ils entendent que je vais jusqu'à Podgorica (6h de voyage). Bien sûr, je refuse. Je m'appuie contre un siège et allume mon walkman. Le bus démarre. Les routes ne sont pas très bonnes, et d'être de côté par rapport à la trajectoire, de ne pas pouvoir voir au loin, et d'avoir si chaud... me donnent rapidement envie de vomir. J'essaie de ne pas y penser. Au bout de trois-quarts d'heure, je décide de m'assoir par terre. ça ne fait pas trois secondes que je suis posée que le monsieur du "couple assez âgé" déjà mentionné se lève et m'invite à m'assoir. J'essaie de refuser mais il ne veut rien entendre. Sa femme me dit qu'ils vont descendre au premier arrêt, qui n'est plus si loin. J'ai quand-même honte. Au bout de 20 minutes, je me lève pour échanger de nouveau mais leur arrêt est tout proche, "ça ne sert à rien". Ils descendent en effet cinq minutes plus tard. Je m'installe contre la vitre. Bientôt, quelqu'un vient s'assoir à côté de moi. Jusque là, rien que de normal, dans ce bus bondé je ne m'attends pas à avoir deux places pour mon confort. Le problème, c'est que ce quelqu'un, une fois assis, occupe une place et demi. Je me retrouve coincée contre la fenêtre. C'est toujours mieux qu'avant, et je passe le reste du voyage heureuse d'être assise. Mais quelques deux heures avant d'arriver, j'envoie un texto à Irene pour annoncer que je serai là ce soir, et que je n'ai pas ma clé. La réponse m'achève :

- Je suis dans ta chambre, parce que le copain de Jelena est là.

(Irene dort maintenant dans la chambre de Jelena, et je suis restée dans la même chambre? avec notre nouvelle collocataire française [plus si nouvelle que ça maintenant], Emilie)

Je craque. Je rentre alors que j'aurais voulu rester, et que j'avais même un appart qu'on me prêtait à Sarajevo. Je passe 1h debout dans le bus avec mon mal de coeur, puis 5h coincée contre la fenêtre, et je n'ai même pas mon lit pour dormir? Je me sens triste. J'ai l'impression que plus je fais d'efforts, plus ça va mal. Je réponds :

- Et quand je rentrerai, tu seras encore dans ma chambre?

- Oui, je n'ai pas d'autre endroit où dormir.

- Et moi alors?

Si jamais elle me répond "tu peux dormir dans le salon", je la tue.

(J'ai déjà dormi une semaine dans le salon au début du mois, quand Emilie recevait son copain. Rien que de normal, mais s'il-vous-plait, pas ce soir!)

- Beh, dans ton lit! Eh! Tu as oublié qu'Emilie n'était pas là?

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Par Hantyghone
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 12 2007 12:01

Je vous ai dit qu'on n'était que trois, plus le "facilitator"...

Je commence par le-dit "facilitator" (et je vous garde une surprise pour la fin, mais ne lisez pas la fin en premier): Yougo. Yougoslav. Ne le répétez pas pas, mais le premier soir, quand je l'ai rencontré, ça a donné ça :

- Hi! I'm Caroline, I'm French.

- Nice to meet you! I'm Yougoslav.

- Ah. And what is your name?

Pour ma défense, les majuscules ne s'entendent pas...

Le pire c'est que je pensais être face à un Yougo-nostalgique, alors j'ai mis trois plombes avant d'oser lui demander de quelle "république de l'Ex-Yougoslavie" il venait. En fait, son surnom vient de son père qui était un fervent communiste, et pas de ses propres convictions; je n'avais pas besoin de me torturer!

Bon, maintenant, les trois SVE...

Le moins surprenant : moi.

Ensuite vient Chiara, volontaire italienne à Sarajevo. Je dis italienne mais elle n'a passé en Italie que trois ans, dont une année d'université "à l'étranger" :) Elle a vécu principalement à Tokyo et à Londres, et parle donc parfaitement anglais, et courament japonais. Le truc c'est que comme elle vit à Sarajevo, elle ne dormait pas à l'hôtel avec nous, ne dinait pas avec nous, ne petit-déjeunait pas avec nous, ne... c'est dommage.

Et enfin, la surprise que je gardais pour la fin, Yann! Le Français de Macédoine (cf. passport story). Ensemble on a fait une bataille de boules de neige dans un cimetière (formule choc ; en vrai, c'était un parc dans lequel il y avait, certes, des tombes anciennes, de sultans si j'ai bien compris, mais ce n'était pas un lieu sacré), un concours de saut en longueur sur un toit plat couvert de neige (Yann a gagné), visité Sarajevo de nuit, fait un pari sur les couleurs de l'arc-en-ciel (Yann a gagné), fumé un narghilé (chose introuvable à Podgo, et visiblement trouvable mais de qualité douteuse à Bitola), pris des photos de Sarajevo de nuit, trouvé une mosquée en préfabriqué (on est encore perplexes. L'explication qu'on a inventée c'est qu'elle sert aux archéologues musulmans qui fouillent le terrain tout autour, et qui n'ont donc pas besoin d'aller 5m plus loin dans une mosquée en pierres quand ils doivent prier), bu des Sarajevska piva (bières de Sarajevo) au Celtic Pub, regardé "De battre mon coeur s'est arrêté" doublé en allemand, "Plus Belle La Vie" sous-titré en bosniaque, et un extrait de "Taxi 3" dans un magasin de bonbons, mangé des pommes d'amour qui défoncent les dents, bu à toutes les fontaines des 50 mosquées de Sarajevo (j'exagère à peine), essayé de caresser tous les chats de la ville sans y arriver une fois, recraché des abricots secs qui étaient beaucoup trop secs, et pas réussi à entrer en conflit (j'ai essayé, pourtant). On a rattrapé les trois jours à Belgrade.

Par Hantyghone
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 12 2007 11:59

C'est quoi un OAT?

C'est une formation à laquelle ont droit (et à laquelle doivent participer; ça me rappelle le vote, ce droit/devoir du citoyen blablabla) les volontaires européens (SVE) à leur arrivée dans leur pays d'accueil. OAT = On-arrival training (l'abbréviation est de moi, mais vous pouvez l'utiliser dans vos disserts les KBL ;p). Oui j'avoue, le nom est bien trouvé.

L'erreur est ailleurs.

Bah ça fait trois mois que je suis à Podgo! (Comment ça : "déjà"??)

Y'a eu un bug. Le plus étrange, peut-être, c'est que quelques jours plus tôt il y avait un autre OAT en Croatie avec plein de monde, et nous on n'était que trois. On dirait que je me plains, comme ça, mais en fait notre OAT était génial. Trois personnes sur leurs projets depuis deux ou trois mois = plein de choses à se dire! Le "facilitator" ("facilitateur", ça se dit en français? "animateur", plutôt, mais ça fait colo... bref, le "facilitator"), Yougo de son surnom, a adapté la formation à notre groupe : au lieu de fonctionner par "workshops" ("ateliers"? "activités"?), il nous a lancés dans des discussions sur la culture du pays dans lequel on était, notre état d'esprit, notre façon de nous adapter, les conflits... L'ambiance était bonne et on (je) se (me) sentait (sentais) en confiance...conclusion : plutôt prolifique. ça m'a "libérée" de parler de mes problèmes, et ils ne me paraissent plus si "problématiques" que ça, maintenant (Juliette, j'ai mis "libérée" entre guillemets pour toi qui vas m'accuser de clichés, mais n'empêche, le mot est assez adapté).

Bon j'avoue, les problèmes qui "s'envolent" (Ju je te vois venir), c'est peut-être aussi parce que je sais que dans une semaine je serai en France... Ah! J'en ai besoin, si vous saviez.

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Samedi 10 novembre 2007 6 10 11 2007 13:36

Samedi, neuf heures du matin (non mais quelle idée de se lever si tôt? _ Just kiddin'), on se retrouve Irene, Alen, George et moi à la Autobuska stanica (comprendre gare routière). Bien sûr, Irene a oublié de prévenir George qu'on ne partait plus à 7h mais à 9h, mais comment lui en vouloir quand elle vous dit "Oh, Georgiiiiii, I'm so sorrrrry!", je vous le demande?!!?

Dans le bus, on discute, on lit, on écoute de la musique, on prend des photos, mais on ne regarde pas le paysage par la fenêtre... Où va la jeunesse?

 

P1000928 George, Alen et Irene. En arrière-plan, un paysage grandiose que ces jeunes ignorent royalement. Heureusement, à Biogradska Gora, il n'y aura que ça à faire, s'imprégner de nature :P

 

On descend à Kolašin. La autobuska stanica est miteuse, mais il y a un bar avec une dame très gentille. On y boit un café turc, accompagné de pain frais (donc monténégrin), de saucisson (importé de France dans mon backpack), et de Kinder (... trouvez la nationalité manquante). Bien sûr, je renverse la moitié des cafés turcs dans les coupelles en coupant des tranches de saucissons. Mais à part ça, tout va très bien! Thomas, l'ami allemand d'Irene, nous rejoint dans la demi-heure, et nous donne (à Irene et moi) le Kinder qu'on avait gardé pour lui. Je me sens soudain pleine d'amitié pour ce garçon :P

Puis on se ballade dans Kolasin, c'est mignon mais minuscule (d'où peut-être la sentence populaire "plus c'est petit plus c'est mignon"), et on prend un taxi pour Biogradska, où nous attendent Erik et Aki.

 

P1000946 Alen, moi, Thomas et Irene dans le taxi. On n'a pas oublié George, c'est lui qui prend la photo... et oui ici on monte devant dans les taxis!

 

NB : taksi = moyen le plus simple, et franchement pas le plus cher de se déplacer au Monténégro... N'allez pas chercher un quelconque snobisme dans notre choix!

 

P9155299_thumb Alen, Irene et Erik. Derrière celui qui prend la photo (en l'occurance, Thomas), il y a le fameux lac dont je vais vous parler très prochainement.


Dans un premier temps, il faut savoir que Biogradska Gora est un parc naturel constitué d'une des trois dernières forêts vierges d'Europe (montée sur des montagnes bien sûr puisqu'on est au Monténégro), et d'un lac au milieu. Ensuite, il faut conceptualiser qu'en ce milieu du mois de septembre, un lac en plein milieu des montagnes, c'est très froid. Pour finir, il faut prendre en compte le fait que nous sommes très cons (présent de vérite générale). Une fois ces données admises, on comprendra qu'on s'est tous baignés, tête sous l'eau et tout (Irene seule exception), et que le lendemain j'avais la creve (pourquoi moi? C'est trop injuste, c'est toujours les Francais qui prennent :P). Mais ne nous attardons pas sur cet épisode ma foi peu glorieux. Observons plutôt la capacité incroyable de la jeune fille en bleu et du jeune homme en bleu aussi à changer de place dans ce canoë (si un canoë ce bateau est):

 

P9155304_thumb Irene, moi, George et Aki. Je change de place avec George parce que moi aussi je veux ramer (c'est quoi, cette galanterie! Lol)

 

Puis Irene et moi allons nous promener dans les bois (et pourtant le loup y est). Chemin faisant, je prends plein de photos ininteressantes pour toute personne autre que moi. Cependant, au cas où l'envie me prendrait de lire mon blog, je vais quand-même en mettre une :

 

P9155318 Une partie du lac, après la chaleur qu'il a fait en Août, est desséchée...

 

Alors qu'on était tranquillement en train de gossiper sur les garçons restés à la terrasse (en bois) du bar, voilà-t-y pas qu'on se retrouve nez-à-nez avec eux. Irene se rattrape vite fait bien fait:

 

P9155335 Irene et Alen. Malgré les apparences, ce n'est pas un montage.

 

On rentre tous ensemble, et on va manger in-extremis dans le restaurant (en bois lui aussi _ mais je triche c'est le même que le bar), juste avant qu'il ne ferme. Après on s'enferme dans le chalet d'Erik en attendant qu'il rentre (il anime un workcamp à Biogradska Gora, et en fin d'après-midi tout le monde est parti en vadrouille visiter les environs...), et on se pèle. Finalement on n'attend pas qu'il rentre et on se couche:

 

P1000972 George a froid.

 

P1000974 Irene aussi!

 

Le lendemain, on se lève en même temps que les volontaires, on prend un petit-déjeuner avec eux, et c'est parti pour trois heures de randonnée en montagne :) Ordre du cortège : Thomas, George, moi, Irene... (Alen, en bon Monténégrin, s'assume comme paresseux et ne souhaite pas se joindre à nous). Au début, les garçons s'arrêtent pour nous attendre, et ça donne ça:

 

P9165337_thumb Moi, Irene, George et Thomas

 

P1000982 Thomas, Irene et George posant devant un stock de paille comme on les fait dans les Balkans: en forme de tente.

 

Mais comme Irene et moi trouvons sans cesse à nous émerveiller de tout (je vous avais dit que l'épisode du bus n'était que transitoire!), ils nous lâchent...

 

P1000987 Exemple n°1 de ce qui nous "émerveille", Irene et moi. Oui oui, un cochon!

 

P1000989_thumb Exemple n°2, vestige du communisme. C'était la voiture standard à l'époque communiste, that's why.

 

P1000992  Exemple n°3. Le vieux monsieur et sa famille ramassent des pommes de terre. On s'arrête un peu pour discuter avec eux, mais c'est rudimentaire vu notre niveau de serbe :)

 

P1000978 Exemple n°4. Bien sûr je triche un peu, c'est le même paysage que celui en fond de la photo de groupe mais 1) je l'aurais pas dit, personne l'aurait remarqué 2) on a contemplé plein de paysages, mais je ne les ai pas pris en photo, m'attachant plus aux détails qu'aux vues d'ensemble

 

Finalement, on les retrouve en bas (ils ont bien été obligés de s'arrêter!); ils sont en train de boire un verre de jus de fruit fait maison à la terrasse d'une maison, avec des gens que nous ne connaissons pas (comment, d'ailleurs, les connaîtrions-nous?). Et ces gens-là nous invitent de même, puis nous proposent un café, puis nous proposent de déjeuner, puis nous proposent des pâtisseries faites maison... Tout cela le plus naturellement du monde, et tout est préparé rien que pour nous! (ils ont déjà mangé). Finalement, on s'en va; il ne faut pas, paraît-il, abuser des bonnes choses. Mais on prend quand-même une photo:

 

P1000998 Cette famille merveilleuse!

 

De Mojkovac, où on est maintenant, on prend un bus tout petit tout complet jusqu'à Podgorica. On se retrouve dans l'allée du milieu, sur des strapontins, sans rien pour appuyer son dos. Alors on se fait des massages, ou plutôt George et moi nous faisons avoir, et faisons respectivement un massage à Irene et à Thomas. Heureusement, une fois rentrés, soirée massages POUR TOUS, après un bon dîner intégralement préparé par notre ami allemand (et devant Desperate Housewives... saison 2 :S)

 

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Par Hantyghone
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Mardi 30 octobre 2007 2 30 10 2007 12:03

But du voyage, mis à part le voyage en lui-même = trouver des traductions d'auteurs des Balkans en Anglais ou en Français.

Pourquoi Belgrade? 52ième édition du Salon du Livre (Sajam Kniga pour être exacte) de Belgrade oblige.

 

Je sais qu'il ne faut pas généraliser. N'empêche. Les Français sont-ils tête en l'air ou ont-ils du mal à conceptualiser l'utilité du passeport pour passer une frontière? Voilà une question fort à propos, jugez plutôt.

Vendredi au soir, gare de Podgorica, Irene, George et moi. En avance, c'est peut-être le plus étonnant. Le train part à 10h, on a les tickets, on est contents, on attend. Soudain George est pris d'une soudaine envie de plaisanter : "I am sure you girls did not take your passports". ça fait beaucoup rire Irene; moi un peu moins. Bien sûr que je n'ai pas pris mon passeport! Train, espace Schengen... Explications plus que falacieuses.

Retour à la case départ en taxi, pendant que George et Irene partent avec les sacs. Je fous un bordel monstre dans ma chambre, avant que Jelena ne me conseille de regarder dans le sac de mon ordinateur. Si ses souvenirs sont bons... Ses souvenirs sont bons. Mon sens du rangement, un peu moins, peut-être (quelle idée de mettre le passeport là?). Je repars en courant, reviens en courant prendre mon sac à main (celui avec le billet de train) que je viens d'oublier, re-repars en courant. Le taxi m'attend. Le conducteur me drague mais ça ne l'empêche pas de me facturer 6€ l'aller-retour (prix normal en fait, parce que les taxis sont plus chers au départ de la gare, mais qu'en savais-je à l'époque?). J'arrive à la gare à 10h20, le prochain train  passe dans 40 minutes. Je suis très stressée, je trifouille mon portable. Soudain, j'ai une idée-ampoule-lumineuse-dans-les-BD, du genre qui survient tout un coup: Et si Yann oubliait son passeport?

(Une parenthese ici sera bienvenue. Yann, c'est un autre SVE français dans les Balkans - en Macédoine. On est sensés le retrouver, ainsi qu'Amélie, SVE française à Krusevac en Serbie, à Belgrade. Histoire de voir un peu des gens nouveaux, de créer des liens, de se connaître)

Je lui écris un texto. Erreur message, réessayer plus tard. 2 fois, 3 fois... Je l'appelle. ça ne marche pas (vive m:tel, aucun contrat à l'étranger pour le moment visiblement). Mais est-ce si grave que ça? Je veux dire, ya que moi pour oublier mon passeport.

Vous devinez la suite. Oui, bien sûr, il a oublié son passeport -> refoulé à la frontière :S Je hais mon portable et les passeports du monde entier (point de discrimination), mais ce n'est pas très constructif.

Plus constructif : je pense que ni l'un ni l'autre ne nous ferons avoir une seconde fois! (Note postpone : WE suivant, Albanie, pas oublié mon passeport... Croise les doigts)

 

 
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Par Hantyghone
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Dimanche 21 octobre 2007 7 21 10 2007 22:32

Ce matin j'ai dit à Irene quelque chose qui l'a beaucoup fait rire... Pourtant j'étais sérieuse : "On serait en France, c'est vrai, je te trouverais sûrement bizarre. Mais ici, je te trouve très normale!"

Ah là là, les différences culturelles... Le mal du pays, un peu, peut-être?

Par Hantyghone
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Dimanche 21 octobre 2007 7 21 10 2007 22:29

J'avais prévu d'aller sur la côte, mais de toutes façons il pleut, alors autant aller à Ostrog avec les autres...

Les autres, c'est Nelly, Marie, Angel (Marie's boyfriend, vient de Majorque) et George... Malgré deux personnages notoirement non Français, je me suis permis de nommer cette journée française, à cause de sa langue officielle :)

Le matin, rendez-vous à 10h30 chez les filles. J'apporte des prunes du marché et des pâtisseries, mais il y a déjà trop à manger. Petit déjeuner copieux!

 

P1010017 Nelly et le fameux "petit" déjeuner...

 

On sort de Podgorica et on roule...

 

P1010022 Marie et Nelly dans la Clio de Nelly

 

On monte, on descend, finalement on monte, jusqu'à un village-oasis au milieu d'un nulle-part de montagnes. Il n'y à là que bars, et stands vendant encens, icônes, tasses avec des saints peints dessus, petites cartes plastifiées avec des saints peints dessus, croix au bout de colliers...

On gare la voiture, et c'est parti!!!!!!!!!

Sous la pluie.

 

En chemin, on rencontre des étudiants de Marie, et un étudiant de Nelly qui est tellement présent en cours qu'ils ne se connaissaient pas. Quand on sait que le monde est petit, que dire du Monténégro??

 

En chemin toujours, on rencontre un... chemin, qui est en fait une suite de ronces et pierres qui roulent n'amassent pas mousse. Quand on rejoint la route, on est un peu écorchés, et très motivés pour ne plus suivre Nelly en hors-piste.

 

On double des vieilles dames qui se tiennent bras-dessus bras-dessous.

On double des jeunes filles qui marchent pieds-nus (c'est la coutume, quand on vient en pélerinage), les bras chargés de poches plastiques.

On se fait doubler par des voitures...

 

Enfin, on arrive. Moi la dernière... je prenais des photos (histoire d'avoir une excuse). En voici une :

 

P1010041 Vue de la route qui monte à Ostrog, avec une croix pour prouver que je vous mens pas. Remarquez le temps grandiose!

 

En face de moi : 1) Nelly qui me fait de grands signes 2) Le monastère. Le choix a été rude, mais j'ai choisi de vous montrer le monastère :

 

P1010074 Ostrog. Si vous n'aimez pas ma photo, il suffit d'aller sur n'importe quel site internet parlant du Monténégro, et vous en trouverez une... deux... trois... On s'est demandé si toutes les photos et toutes les peintures représentaient le monastères sous cet angle parce que c'est le plus joli? En fait, c'est parce que c'est le seul accessible.

 

Oui, oui, c'est un monastère troglodyte (ie. creusé dans la roche)! Et m'a-t-on dit sur la route, s'y retrouvent pélerins orthodoxes, certes, mais aussi catholiques, juifs, musulmans... (information à vérifier tout de même). On peut y passer la nuit, c'est bon à savoir. Ca m'aurait bien dit, mais Nelly veut rentrer voir le match (coupe du monde de rugby, quart de finale opposant la France à la Nouvelle-Zélande. La France a gagné 20-18! Finalement écouté sur les [très] grandes ondes parce que pas possible de trouver un bar qui montre du rugby dans ce pays de footballers et de basketteurs... NDLR).

 

Il y a quelque chose d'amusant à regarder les pélerins, et surtout les pélerines. Visiblement, le port d'un foulard et d'une jupe longue est obligatoire, et on voit alors des assortiments étranges:

 

P1010051 Pélerine à Ostrog. Où le port des sacs en plastiques nous est expliqué!

 

P1010046  

 

P1010095

 

Après avoir visité le monastère (c'est impressionnant tout l'argent que laissent les fidèles un peu partout. Et ces petits mots pliés en beaucoup, coincés entre les pierres des mûrs, sûrement des voeux ou des lamentations?), pique-nique! Marie et Nelly ont préparé des croque-monsieurs, Angel nous a ramené une spécialité de Majorque dont j'ai oublié le nom, sorte de chorizo à tartiner, George a acheté un gros pain et du fromage monténégrin (très fort, ressemblant physiquement à de la feta)... et il y a mes pâtisseries du matin. On ne l'a pas fait exprès, mais on se complète plutôt bien :)

Après quoi on redescend, on croise ceux qui montent et on se dit qu'on a bien de la chance. Arrivés à l'oasis, les filles achètent un encensoir et du charbon (le paquet étant opaque et dans la même corbeille que l'encens, elles se sont fait avoir), moi de l'huile d'olive verte (mais elle est bonne quand-même), et on repart...

Direction les lacs qu'on a vus sur la carte à côté de Niksic. Bien sûr, sur la carte ils ont l'air gros, mais ils ne le sont pas, et on galère un peu à les trouver...

 

P1010103 Un des lacs près de Niksic. On croyait que c'était le petit mais en fait c'est le gros. Se fera-t-on jamais à l'échelle de cette carte?

 

L'ambiance là-bas est étrange, lunaire décide-t-on.

 

P1010114  Ambiance lunaire. Une photo que vous ne trouverez certainement dans aucun guide touristique, et pourtant d'une véracité à toute épreuve.

 

Des mûrs de pierres au milieu du lac, et sous l'eau des fondations.

 

P1010111 Cf. ci-dessus.

 

J'essaie de faire croire aux autres que l'Atlantide s'est trouvée ici, avant que la Méditerrannée ne se forme. Mais plus pragmatiques qu'eux tu meurs; ils m'informent qu'il y avait plus de chances pour que cette région ait été inondée; la preuve en étant le barage:

 

P1010165 Marie et Nelly et le barage. De ce côté, il y a notre lac.

 

P1010166 De l'autre côté du barage, il n'y a pas notre lac. (C'est ça la preuve. Mais je ne me souviens plus des étapes de l'argumentation.)

 

P1010160 Et ça, ai-je besoin de dire que c'est un soleil couchant? Tout ce qu'il faut savoir (et là j'insiste, il FAUT le savoir) c'est que j'ai pris cette photo depuis le barage. C'est essentiel à la compréhension de son esthétique.

 

On finit par un verre à Niksic, où les filles donnent des cours (dans la semaine _ razumes?). A tous ceux qui crient que les Américains ne devraient pas s'afficher en construisant des buildings, venez voir comme une ville sans étages est étrange! Des rez-de-chaussée à perte de vue. On y croit à peine.

Il fait nuit, les rues sont à peine éclairées, les terrasses des bars sont quasi-vides (et pourtant on est samedi!)... Ca manque de vie... Je ne pourrai pas argumenter des heures sur le pourquoi du comment (ou plutôt le comment du pourquoi) je n'ai pas aimé Niksic, parce que c'était plus un sentiment que quelque chose de rationnel. Marie, elle, ça lui a bien plu (peut-être parce qu'on l'a enfin laissée seule avec son Angel :p)

 

On rentre. Je suis contente de retrouver Podgo : il est 8h, les magasins sont encore ouverts, il y a du monde dehors (normal, quoi!). On va manger des pâtes dans un resto italien. Nelly appelle sa soeur pour savoir le score du match... on se fait écraser. Mais quand on rentre à l'appart, coup de tel glorieux : 13-13!!! On allume la radio, on cherche on cherche, on trouve le match, on écoute, on savoure la remontée française, et comme finalement la France gagne on boit de la rakija (genre on l'aurait pas fait sinon!)... Et la soirée s'allonge, s'allonge...

 

P1010169 Marie, Angel, George, Nelly et la bouteille de rakija.

 

On joue à un jeu où il faut dessiner quelque chose de banal, puis passer son dessin à son voisin qui décrit en une courte phrase ce qu'il voit, puis qui cache le dessin et passe sa description à son voisin qui dessine ce qui est écrit, etc... On se retrouve avec une canette qui lit un livre, un poisson fou et suicidaire qui fête ses 40 ans, et j'en passe, alors qu'on était gentiment partis d'une plante en pot, d'une lampe, et j'en passe aussi. On écrit un poème en commun (qui finalement n'est plus si poétique que ça). On danse sur des musiques traditionnelles puis sur Queen et compagnie... Après je ne saurais dire, je me suis endormie sur le canapé juste à côté de la musique, comme à mon habitude (hein Laura?) :)

 

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Par Hantyghone
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Dimanche 21 octobre 2007 7 21 10 2007 22:24

Vous êtes quelque part et vous voudriez être ailleurs? Certes, vous pourriez marcher. Il y a même des trottoirs de deux mètres de large pour les piétons. Certes, vous pourriez prendre le bus (mais là c'est compliqué, aucun plan, aucun horaire. Il faut connaître!). Mais pourquoi s'embêter quand on peut appeler un taxi? Il y a quelques agences dont vous connaissez bien sûr le numéro (ou au moins est-il enregistré dans votre portable). Vous appelez, vous dîtes où vous êtes, et un taxi est là dans les 5 minutes. Surtout ne pas téléphoner en avance, ça ne sert à rien. Le problème, c'est si vous êtes pressé et que toutes les compagnies sont overbookées... Il y a beau y avoir beaucoup de taxis à Podgo, cette situation se présente. Il faut alors marcher très très vite, et arriver très très transpirant. Merci Enes!! :)

Par Hantyghone - Publié dans : Montenegro zove mene!
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Dimanche 21 octobre 2007 7 21 10 2007 22:08

Certains buildings à Podgorica (je dis certains, mais peut-être est-ce le cas de tous) ont encore accès à l'eau selon la méthode communiste. C'est à dire que tout le monde paie la même chose, peu importe la quantité d'eau utilisée... Quantité d'eau utilisée par la tour / nombre d'appartements = quantité d'eau utilisée par appartement. Ainsi, une tour a été privée d'eau pendant au moins une semaine parce qu'une personne était en retard dans le paiement... Hum.

J'avoue avoir eu un peu peur quand un matin j'ai ouvert le robinet au bureau et que rien n'est sorti. Mais ne vous inquiétez pas, c'étaient juste les travaux. Prévenir? Pour quoi faire???

Par Hantyghone - Publié dans : Montenegro zove mene!
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Samedi 20 octobre 2007 6 20 10 2007 15:45

Cette fois-ci ce ne sont pas des blagues sur les Monténégrins, mais des blagues de Monténégrins. Avant de me les raconter, Andrea m'a dit : "on aime bien les blagues sur les animaux ici..."

 

  • C'est un petit lapin qui court court court dans la forêt. Soudain, il rencontre un petit renard qui fume un joint : "petit renard, mais qu'est-ce que tu fais! Tu te bousilles la santé! Viens plutôt courir avec moi!". Le petit renard, convaincu, jette le joint et se met à courir avec le petit lapin. Soudain, ils rencontrent un petit écureuil qui sniffe de la coke : "petit écureuil, dit le petit lapin, mais qu'est-ce que tu fais! Tu te bousilles la santé! Viens plutôt courir avec nous!". Le petit écureuil, convaincu, jette la coke et se met à courir avec le petit lapin et le petit renard. Soudain, ils rencontre un ours qui s'injecte de l'héroïne : "Ours, dit le petit lapin, mais qu'est-ce que tu fais! Tu te bousilles la santé! Viens plutôt courir avec nous!". L'ours répond : "Dis donc le lapin, est-ce que tu as l'intention de nous faire tous courir à chaque fois que tu prends de l'ecsta?"

 

  • Le lapin et l'ours se partagent un joint au bord de la rivière. Arrive le ragondin : "eh, dîtes dîtes dîtes, j'peux goûter??" "Non, ragondin, c'est pour les grands" "Alleeeeeez, svp svp svp"... Le ragondin continuant son bruyant cinéma pendant bien 5 minutes, le lapin décide d'un plan pour se débarrasser de lui : "Bon, ok, tu tires une taffe, tu fermes bien ta bouche, tu traverses la rivière et tu vas recracher la fumée de l'autre côté." "ok, coooool!" dit le ragondin. Il tire donc une taffe, ferme bien la bouche, traverse la rivière et recraches la fumée de l'autre côté. L'hyppopotame, par l'odeur alléché, lui demande qui fume un pétard. "C'est le lapin et l'ours, de l'autre côté de le rivière". L'hippopotame traverse donc la rivière et sort de l'eau. L'ours et le lapin sont horrifiés : "Mais ragondin, on t'avait pourtant dit de recracher la fumée!"

 

Après m'avoir raconté ces blagues, Andrea a changé d'avis : "en fait, c'est les blagues sur les drogues qu'on aime bien!"

 

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